Estaimpuis, démocratie en péril ?

Dorénavant, les questions posées par l’opposition lors du conseil communal devront être soumises au Collège 48 heures à l’avance. Il ne sera donné aucune réponse à toute autre question. Une façon de museler l’opposition et d’enlever la possibilité de débattre librement lors des conseils communaux. Est-ce une volonté d’étouffer la démocratie ?

Publié le mardi 29 décembre 2015

Lors d’un conseil communal, un membre de l’opposition CDH, Monsieur Bernard Wattez, a interpellé le député-bourgmestre au sujet de certains marchés publics passés par la commune. Son interpellation était provoquée par le manque de réponses claires obtenues lors de la commission des travaux qui avait précédé la réunion du conseil. Il s’interrogeait même sur la légalité de la procédure utilisée en la matière.

Le bourgmestre s’est alors engagé à se renseigner et à lui donner une réponse. Cette réponse, il l’a finalement théâtralisée, mise en scène lors d’une conférence de presse qui a suivi quelques jours plus tard. Il est vrai que pour se mettre en scène, on s’y connaît à Estaimpuis…

Lors de cette conférence de presse, il a affirmé haut et fort que rien n’était illégal dans la passation des marchés à Estaimpuis. Il s’est offusqué des propos tenus par Monsieur Wattez et a conclu qu’il déposerait plainte à son encontre pour propos diffamatoires. Faut-il comprendre que lorsqu’un membre de l’opposition s’interroge, questionne, investigue, cela devient diffamatoire aux yeux du bourgmestre ?

Sur le fond, il a dit que se faire « aider » techniquement par une entreprise pour établir le cahier des charges n’était pas illégal. Mais est-ce bien éthique quand, à plusieurs reprises, c’est l’entreprise aidante qui remporte le marché ? N’a-t-elle pas en quelque sorte été favorisée ? Poser la question, c’est y répondre… En d’autres matières, on parlerait peut-être de délit d’initié.

Ecolo invite le député-bourgmestre à retrouver le sens de la proportionnalité et ose espérer que depuis, il a décidé in fine de ne pas déposer plainte, et que le débat démocratique puisse avoir lieu. Ecolo estime de plus qu’en ces moments troublés, notre justice a d’autres chats à fouetter que de s’occuper de ce genre de plainte futile.

Interpellé en séance à ce propos par la conseillère communale Ecolo, Pauline Trooster, le bourgmestre n’a pas voulu lui répondre. Pas plus qu’il n’a répondu aux questions posées (un mois auparavant pourtant) par le conseiller cdH, préférant instrumentaliser la presse pour ce faire. Quant aux conseillers communaux de la majorité absolue, ils sont unanimement restés silencieux, comme d’habitude hélas.